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Titre : Némésis
Auteur : Philip Roth
Éditeur : Gallimard
Date de publication : 2012

Synopsis : Eugene « Bucky » Cantor est professeur de gymnastique, en charge durant l’été 1944 d’un centre de sport municipal de Weequahic le quartier juif de Newark dans le New Jersey. Bien que brillant athlète et lanceur de javelot de haut niveau, son importante myopie l’a empêché de pouvoir s’enrôler dans l’armée pour aller combattre sur le théâtre européen ou dans le Pacifique. En juin 1944, une épidémie de poliomyélite éclate dans le district italien de Newark et se propage rapidement dans d’autres zones de la ville.

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« Ne vous battez pas contre vous-même. Il y a déjà suffisamment de cruauté dans le monde. »

Pendant que la jeunesse se bat dans le Pacifique ou en Europe, comme si le malheur n’y suffisait pas, une terrible épidémie de poliomyélite frappe, en cet été 44, la petite ville de Newark. C’est là que vit Bucky Cantor jeune professeur de sport à qui la vie semble sourire, les gosses l’adorent et la belle Marcia lui est promise. Mais Bucky se reproche d’être au pays pendant que ses amis se battent pour la liberté. Alors quand la maladie attaque les jeunes dont il s’occupe, Cantor se torture les méninges. Est-il responsable de ce malheur ? Pourquoi Dieu ou les Dieux s’en prennent-ils à des innocents ? A t-il le droit d’être heureux alors que l’épidémie se répand à une vitesse galopante et cause désolation et peur légitime ? Comment passer à côté d’un destin qui semble tout tracé ? La vengeance de Némésis est impitoyable.

Roth s’interroge sur la destinée, la culpabilité, sur nos croyances. Il ne porte pas de jugement, n’apporte pas de pistes, il relate juste l’histoire d’un homme trop sensible, qui refuse l’inacceptable, qui s’accable de tous les maux. Qui préfère se couper des autres, se plonger dans la solitude pour payer sa part de malheur.

Comme à l’accoutumé chez Roth, le brio de la narration fait merveille. Il nous interroge sur nos questionnements de mortel sans la moindre baisse de rythme. Une nouvelle fois, un grand bouquin. A quand le Nobel de littérature pour ce géant ?