mapuche[1]

Titre : Mapuche
Auteur : Caryl Férey
Éditeur : Gallimard (Série noire)
Date de publication : 2012
Récompenses : Prix Landerneau Polar 2012. Prix du meilleur polar 2012. Prix Ténébris 2013.

Synopsis : Jana est mapuche, fille d’un peuple sur lequel on a tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd’hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires dans la friche de son ancien mentor et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne. Rubén Calderón aussi est un rescapé – un des rares «subversifs» à être sorti vivant des geôles clandestines de l’École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune sœur. Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature de Videla, et leurs bourreaux… Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Mais un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d’un travesti, «Luz», qui tapinait sur les docks avec «Paula», la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête sur la disparition d’une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d’un des hommes d’affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l’Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des oppresseurs rôdent toujours en Argentine. Eux et l’ombre des carabiniers, qui ont expulsé la communauté de Jana de ses terres ancestrales…

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Il dévisagea son ami journaliste.
-Argent, politique, pouvoir : tu me demandes de mettre les mains dans la merde, résuma- t-il.
-Tu es le seul qu’elle n’éclabousse pas.

Je viens de terminer « Mapuche », hé bien quelle gifle ! Sans dévoiler l’histoire (vous avez du remarquer, je ne lis jamais les quatrièmes de couverture), il y est question d’Argentine, de dictature, d’enlèvements et d’assassinats arbitraires, de grands-mères qui veulent savoir que sont devenus les maris et enfants disparus. Avec deux personnages formidables qui vous hanteront longtemps : Jana la mapuche et Ruben Calderon le détective.

Après le remarquable « Zulu » qui m’avait sérieusement impressionné, Caryl Ferey frappe un grand coup. Son livre vous happe dès les premières pages, une plongée dans les arcanes du mal qu’il déroule avec une puissance narratrice tout simplement dévastatrice. Une plongée effarante au cœur de la barbarie humaine (une de plus). Jana et Ruben sont des personnages inoubliables. Impossible de le lâcher, les bouffées d’angoisse et d’adrénaline vous secouent durablement. Pas de répit, une course contre la mort maitrisée de bout en bout.

Ceux qui pensent que ce genre de littérature est mineur feraient bien de découvrir Caryl Ferey, il vient d’écrire un chef d’œuvre. Tout simplement.

Autres critiques : Yvan Gruznamur (EmOtionS)