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Titre : Chansons de la Terre Mourante
Cycle : Chansons de la Terre Mourante, tome 1
Anthologistes : Gardner Dozois et George R. R. Martin
Auteurs : Robert Silverberg (« Le Cru véritable d’Erzuine Thale »), Terry Dowling (« La Porte Copse »), Glen Cook (« Le Bon Magicien »), Byron Tetrick (« L’université de maugie »), Walter Jon Williams (« Abrizonde »), George R. R. Martin (« Une Nuit au Chalet du Lac »), Jeff VanderMeer (« La Dernière Quête du mage Sarnod »)
Éditeur : ActuSF
Date de publication : 2013

Synopsis : A l’’autre bout du temps, un soleil rouge et obèse jette sur la Terre mourante sa lumière de fin du monde. Ceux qui arpentent cette terre agonisante sont les derniers héros de l’’humanité. Ils s’’appellent Cugel ou Rhialto, T’saïs ou Pandelume, ils sont mages ou voleurs, bretteurs ou escrocs, mais ils sont toujours flamboyants, car ils sont nés il y a de cela soixante ans, sous la plume de Jack Vance. Maître de la narration, créateur de mondes et styliste unique, Jack Vance est probablement l’’auteur qui a suscité le plus de vocations. Des générations entières d’’écrivains ont voulu marcher sur ses traces et devenir, à leur tour, des marchands de rêves. George R. R. Martin et Gardner Dozois ont réuni les plus grands noms des littératures de l’’imaginaire – Glen Cook, Robert Silverberg, Jeff VanderMeer ou Walter Jon Williams – pour saluer, comme il se devait, Maître Jack Vance et son cycle de la Terre mourante.

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Nous nous épuisons au travail alors que le soleil mourant exhale son chant du cygne. Nous devrions nous retrouver dans la célébration et l’exultation tant que notre illustre planète nous accorde encore ses fruits et son vin, tant que les nymphes batifolent encore dans leur nudité glorieuse et innocente, tant que les chants de la terre mourante résonnent encore dans nos oreilles. (Byron Tetrick, L’université de maugie)

Dirigées par Gardner Dozois et Georges R. R. Martin, ces « Chansons de la Terre mourante » récemment débarquées aux éditions ActuSF se veulent un hommage à ce maître de la fantasy et de la science-fiction qu’est Jack Vance et à son univers de la Terre mourante. Que vous connaissiez sur le bout des doigts l’intégralité de l’œuvre de l’auteur ou que, comme moi, vous n’aillez pas encore sauté le pas, voilà un ouvrage qui vous donnera en tous les cas envie de vous (re)plonger dans les romans de Jack Vance, à l’origine de cette brillante idée qui consiste à écrire de la science-fiction qui se déroulerait dans un futur tellement lointain qu’on pourrait la lire comme de la fantasy. La Terre mourante c’est donc un monde merveilleux où la magie a remplacé la technologie et par conséquent peuplé de sorciers, créatures surnaturelles plus improbables les unes que les autres, objets enchantés…, mais aussi un monde sur le déclin, avançant lentement mais inexorablement vers sa fin. Ne vous étonnez donc pas d’y croiser des sorciers astucieux mais d’une affligeante nullité ou encore des poètes et nécromants mélancoliques ou dépressifs, le tout parsemé de compétitions de sorts, de quêtes insolites, de combats de magie…

Chaque auteur possède bien évidemment un style et une façon de faire qui lui est propre, mais l’ensemble se lit avec une grande fluidité sans que jamais l’ennui ou la répétition ne s’installe. Trois auteurs tirent cela dit, à mon sens, leur épingle du jeu dans ce premier volume : Byron Tetrick, qui met en scène dans « L’université de maugie » un jeune homme en quête de son père, un personnage qui parlera aux familiers de l’univers de Jack Vance ; G. R. R. Martin, qui nous offre comme à son habitude avec « Une Nuit au Chalet du Lac » une nouvelle pleine de surprises et habilement construite ; et enfin Jeff VanderMeer, qui nous embarque avec « La Dernière Quête du mage Sarnod » dans les terrifiants royaumes de l’En Dessous aux côtés de personnages attachants et tourmentés Tour à tour drôles, touchants, surprenants ou envoûtants, chacun des textes présents au sommaire ne manqueront en tout cas pas de séduire les amoureux de fantasy. Outre la qualité des nouvelles, on peut également saluer la présence au sein de l’ouvrage de postfaces à la fin de chaque texte dans lesquelles les auteurs reviennent tous sur leur première découverte des œuvres de Jack Vance et sur l’influence que cela a pu avoir dans leurs écrits. Instructif.

Qu’il s’agisse de rendre hommage à ce grand écrivain qu’est Jack Vance ou tout simplement d’amener de nouveaux lecteurs à découvrir l’univers de la Terre mourante, dans les deux cas le pari est parfaitement réussi. C’est avec impatience que j’attends de découvrir les anthologies suivantes (avec en tête d’affiche Neil Gaiman, Dan Simmons, Tanith Lee ou encore Tad Williams) qui devraient arriver dans nos librairies en automne pour la seconde et début 2014 pour la troisième. Une anthologie qui vaut le détour et qui se révèle malheureusement d’actualité puisque Jack Vance nous a quitté à l’âge de 96 ans il y a quelques semaines.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3