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Titre : Skin trade
Auteur : George R. R. Martin
Éditeur : ActuSF
Date de publication : 2012 (1988 pour l’édition originale)
Récompense : World Fantasy Award 1989 de la meilleure novella

Synopsis : Il fût un temps où cette ville était au centre du monde. Un temps où sa puissance se nourrissait du sang et du fer. Mais aujourd’hui elle n’est plus que rouille et elle attend la ruine. C’est un territoire parfait pour Willie Flambeaux et Randi Wade. Lui est agent de recouvrement, elle, détective. Mais lorsqu’une série de meurtres particulièrement atroces ensanglante cette ville qu’ils croyaient si bien connaitre, ce n’est plus dans le labyrinthe des rues qu’ils auront à mener l’enquête, mais dans les recoins les plus sombres de leurs propres passés. Là où se cachent leurs plus grandes peurs.

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Nous sommes les loups antédiluviens, les cauchemars qui hantent la mémoire de votre race, les silhouettes sombres qui tournent sans cesse au delà de la lumière de vos feux.

Depuis le tout début de sa carrière, les nouvelles ont toujours tenu une place particulière dans les écrits de G. R. R. Martin, et pourtant je n’avais encore jamais sauté le pas, à l’exception de deux courts textes se déroulant dans l’univers du Trône de fer et consacrés aux aventures du chevalier Dunk et de son écuyer. L’erreur est désormais réparée grâce à cette lecture de « Skin trade », novella dans laquelle l’auteur a choisi de s’attaquer à une autre figure légendaire après celle du vampire dans l’excellent « Riverdream » : celle du loup-garou. Après une très bonne préface signée Emmanuel Chastellière (les fans du site internet Elbakin apprécieront), nous voilà donc embarqué aux côtés de deux protagonistes, Willie Flambeaux, agent de recouvrement solitaire et un peu bourru, et son amie Randi Wade, détective privée traumatisée par la mort de son père quelques années plus tôt, qui vont conjuguer leurs efforts pour tenter de comprendre l’origine des terribles meurtres dont sont victimes certains habitants.

Guère étonnant que « Skin trade » ait remporté en 1989 le World Fantasy Award de la meilleure novella, puisque l’on y retrouve tout ce qui fait la qualité des ouvrages de G. R. R. Martin : le décor est immédiatement immersif, quand bien même il semble au premier abord des plus banals et n’est que peu détaillé ; l’intrigue est parfaitement maîtrisée et bourrée de rebondissements inattendus qui tiennent le lecteur en halène tout au long du récit ; et surtout, nous avons à faire à des personnages travaillés avec soin et bénéficiant, de fait, d’une personnalité fouillée et attachante. Difficile de résister à la tentation de tout lire d’une traite tant l’histoire se fait captivante à mesure que les interrogations s’accumulent et que le suspens se fait de plus en plus insoutenable. A cette novella, les éditions Actu SF on ajouté un dossier très complet consacré à G. R. R. Martin et constitué, entre-autre, d’une biographie, d’un dossier dédié au Trône de fer, d’une bibliographie, d’un récapitulatif des prix gagnés par l’auteur…

Encore un très bel ouvrage à mettre sur le compte de G. R. R. Martin, décidément aussi à l’aise en science-fiction qu’en fantasy ou en horreur. A noter que « Skin trade » a vu en 2010 ses droits d’adaptation acquis par une maison de production en vue d’une adaptation sur grand ou petit écran… Voilà qui promet !

Autres critiques : Flynn (Flynn SFFF), Océane (La Pile à Lire) et Vermithrax (Elbakin)