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Titre : Reines et dragons
Anthologistes : Sylvie Miller et Lionel Davoust
Auteurs : Chantal Robillard (« Le dit du Drégonjon et de son Elfrie »), Thomas Geha (« Chuchoteurs du dragon »), Adrien Thomas (« Ophëa »), Anne Fakhouri (« Au cœur du dragon »), Justine Niogret (« La grande déesse de fer de la miséricorde »), Pierre Bordage (« Morflam »), Charlotte Bousquet (« Azir’Khila »), Vincent Gessler (« Où vont les reines »), Erik Wietzel (« Le monstre de Westerham »), Mathieu Gaborit (« Under a lilac tree »), Nathalie Dau (« Cet œil brillant qui la fixait »), Mélanie Fazi (« Les sœurs de la Tarasque »)
Éditeur : Mnémos
Date de publication : 2012

Synopsis : D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégonjon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesse aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons ! Réalisée en partenariat avec les Imaginales, le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie « Reines et dragons » s’inscrit dans la lignée de « Rois et capitaines », « Magiciennes et sorciers » et « Victimes et bourreaux ».

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Je suis cadavre. Tout cadavre est fumier et tout fumier est terre. Puisque terre est déesse je ne suis pas cadavre mais dieu. (Charlotte Bousquet – Azir’Khila)

Quatrième anthologie parue suite au festival des Imaginales d’Épinal, « Reines et dragons » est cette fois dirigée non plus par Stéphanie Nicot mais par Lionel Davoust et Sylvie Miller. L’initiative est toujours aussi louable mais cette fois l’ouvrage se place un peu en dessous de ses prédécesseurs. Là où les thématiques de « Rois et capitaines », « Magiciennes et sorciers » et « Victimes et bourreaux » nous offraient une large palette de récits très variés, force est de constater que la plupart des nouvelles de « Reines et dragons » proposent peu de renouveau et d’originalité. Autre déception, la brièveté de l’ouvrage lui-même et surtout des nouvelles qui excèdent rarement les vingt pages. Si la longueur des textes ne me pose habituellement pas de problème, enchaîner huit petites nouvelles d’affilée rend assez difficile l’immersion dans les histoires et les univers des auteurs qui auraient mérité pour la plupart d’être un peu plus étoffés pour vraiment captiver le lecteur.

Quelques textes sortent malgré tout du lot, notamment les quatre derniers, ce qui permet de refermer cette anthologie sur une note plus positive. Avec « Under a lilac tree » Mathieu Gaborit nous offre ainsi une nouvelle pleine de poésie et de mélancolie, de même que Justine Niogret avec « La grande déesse de fer de la miséricorde », texte très original dans lequel on reconnaît sans mal la patte et le style très cru de l’auteur de « Chien du heaume » et « Mordre le bouclier ». Mention spéciale également à Nathalie Dau qui signe avec « Cet œil brillant qui la fixait » un très beau texte mettant en scène un univers certes classique mais très immersif et des personnages attachants. Idem pour Mélanie Fazi et son prenant « Les Sœurs de la Tarasque » où l’on découvre une école de jeunes filles élevées dans l’attente du Dragon. Sans doute les deux meilleures nouvelles de cette anthologie.

« Reines et dragons » m’a donc laissé un avis plutôt mitigé bien que le concept demeure toujours aussi intéressant et que les grands auteurs français de fantasy continuent de répondre présent. Espérons toutefois un peu plus de diversité dans « Elfes et assassins » pour 2013.

Voir aussi : Rois et capitaines ; Magiciennes et sorciers ; Victimes et bourreaux ; Elfes et assassins ; Bardes et sirènes